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vendredi 10 mars 2000, 20h32

POINTE-A-PITRE (Guadeloupe), 10 mars (AFP) - Jacques Chirac a présidé vendredi à Pointe-à-Pitre le premier sommet France-Caraïbes, avec pour double objectif d'encourager la coopération régionale et de favoriser l'insertion des Antilles-Guyane dans l'ensemble caraïbe.
Ce sommet a pour la première fois réuni la France et les quinze états membres du CARIFORUM, instance de coopération entre l'UE et la Caraïbe (Antigua et Barbuda, Bahamas, Barbade, Bélize, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Saint-Kitts et Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et Grenadines, Surinam, Trinidad et Tobago, République dominicaine).
"La France, par la Guadeloupe, par la Guyane, par la Martinique, est aussi de la Caraïbe", a déclaré Jacques Chirac dans son discours d'ouverture du sommet.
Prenant l'exemple de la construction européenne, le président français a fait valoir que "ce qui réussit en Europe, la coopération régionale, l'effacement des barrières, la solidarité pour défendre des intérêts partagés, bref, une dynamique d'intégration régionale peut et doit aider au développement de la Caraïbe".
Alors que le débat institutionnel agite les élus des Départements d'Outre-mer, le président de la République a insisté sur la nécessité pour les Départements français d'Amérique (DFA, Guadeloupe, Guyane, Martinique) d'assumer davantage de responsabilités dans la région.

Intégration régionale
Le chef de l'Etat, qui doit prononcer samedi en Martinique un grand discours sur l'évolution institutionnelle des DOM et leur développement économique et social, a estimé que les DFA devaient être "parties prenantes de cette stratégie d'intégration régionale".
"Ils souhaitent développer leurs liens avec leurs voisins, ils ont en effet vocation à devenir désormais de véritables acteurs à part entière de la coopération régionale", a-t-il dit, exprimant une volonté partagée par le gouvernement.
Pour illustrer cette volonté, ce sont les présidents des Conseils généraux et régionaux des Antilles-Guyane qui, au nom de la France, ont introduit les six thèmes de débats: coopération en matière d'agronomie tropicale, visas et libre circulation, échanges culturels et sportifs, transports aériens et maritimes, catastrophes naturelles, trafics de stupéfiants.
Un mois après la conclusion d'un nouvel accord de partenariat entre l'Union européenne et les pays ACP (Afrique-Caraïbe-Pacifique), réactualisant la convention de Lomé IV, ce sommet a permis à Jacques Chirac de rassurer les pays de la Caraïbe, qui ont exprimé "une forte attente à l'égard de l'UE", a-t-on indiqué de source française.

Jacques Chirac a rappelé les efforts constants de la France pour le maintien de l'aide au développement et la réduction de la dette des pays pauvres. La France est "déterminée à apporter son soutien dans le cadre du G7 et de l'UE", dont elle assumera la présidence au deuxième semestre 2000.
Le Premier ministre de la Jamaïque, Percival Patterson, président en exercice du CARIFORUM, a souhaité renforcer la coopération économique entre la France et la Caraïbe, notamment dans les domaine agricole et touristique.
Le ministre de la Coopération Charles Josselin a pour sa part souligné la "vigilance" de la France sur les questions de blanchiment de l'argent, alors que certains pays de la région abritent des centres off-shore.
La présidente RPR du Conseil régional de Guadeloupe, Lucette Michaux-Chevry, a quant à elle plaidé pour "la construction d'un espace plus humain, plus démocratique, plus fraternel". Les DFA et les états des Caraïbes ont "souvent les mêmes problèmes" mais "pas assez d'espaces d'échanges", a-t-elle dit, appelant à "développer les liens de complémentarité pour rayonner de façon plus efficace dans tout la région".